Pour la troisième année consécutive, le golfe de Gascogne sera fermé à la pêche à partir de demain et jusqu’au 20 février. Alors que la décision du Conseil d’État de 2024 s’étendait sur trois hivers (2024-2025-2026), il est temps de tourner la page et de se projeter vers une réouverture en 2027. Six arguments majeurs plaident aujourd’hui en ce sens.

🔬Depuis 2017, les pêcheurs se sont pleinement engagés dans des programmes visant à limiter et mieux comprendre les interactions entre les engins de pêche et les mammifères marins. PIC, LICADO, PIFIL, DOLPHIN FREE, DELMOGES… Tous ces programmes scientifiques sont montés en puissance grâce à l’implication directe des professionnels. Les pêcheurs ne se sont pas cachés, ils ont agi.

🌍 Selon le rapport récent du projet DELMOGES, l’augmentation des interactions pêcheurs / dauphins serait principalement liée au réchauffement climatique. Plus précisément, à un dérèglement trophique modifiant la distribution des petits poissons pélagiques, proies des cétacés, qui se rapprochent des côtes. Les pêcheurs n’ont ni accentué l’effort de pêche ni modifié leurs pratiques.

🧾 Dans son dernier rapport sur l’impact de la fermeture du golfe de Gascogne, PELAGIS estime la moyenne des captures accidentelles annuelles à 4 700 pou les périodes hivernales des années 2017 / 2023. Soit une diminution de 23 % par rapport à ses précédentes estimations, et de plus de 50 % par rapport au chiffre de 10 000 qui avait été brandi pour appuyer la décision du Conseil d’État. Le rapport montre également que les captures avaient commencé à baisser avant la mise en place de la fermeture.

📊 La population de dauphins communs dans le golfe de Gascogne est stable depuis plusieurs années. Ce sont les conclusions de la campagne d’évaluation SCANS IV. Sans remettre en cause l’objectif de protection des cétacés, cette donnée doit être prise en compte.

⚓💶 Environ 300 navires vont rester à quai, bouleversant toute une chaîne de valeur : criées, ports, mareyeurs, poissonniers, grande distribution. À chaque fermeture, les indemnisations de l’État s’élèvent à environ 20 millions d’euros, ce qui ne couvre pas le coût réel de la fermeture estimé à 35 millions d’euros. Une manne financière significative qui pourrait être fléchée plus utilement (renouvellement de la flotte, formation, innovation…).

🎧🐬Aujourd’hui, la majorité des navires concernés par la fermeture est équipée de pingers, balises acoustiques ou caméras embarquées. Ces outils doivent être testés, éprouvés et améliorés en conditions réelles, précisément lorsque le risque est le plus élevé. Interdire toute activité durant cette période empêche d’observer leur efficacité, retarde la compréhension des interactions et fait perdre un temps précieux dans la recherche de solutions durables. Cette approche n’est ni pérenne, ni efficace à long terme.